« Il n’y a pas de raison d’être pessimiste »
Economie

« Il n’y a pas de raison d’être pessimiste »

Interview de Gérard Bertrand sur l’orientation du marché des vins bio sur la prochaine campagne.
 
 

A ce stade de la vendange, quel est votre ressenti sur la qualité et la quantité des vins bios en Languedoc-Roussillon ?

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Gérard Bertrand : Sur le plan de la qualité des rosés et des blancs : elle est excellente. Les pH sont bas et la récolte s’est déroulée dans de bonnes conditions. Sur les rouges, il est un peu trop tôt pour se déterminer. La vendange n’est pas finie et les attaques de maladies ont été importantes cette année. Globalement, la qualité devrait être satisfaisante.

 

Comment anticipez-vous le marché pour la prochaine campagne ?

Il n’y a pas de raison d’être pessimiste, ni de panique à avoir. Avec le Covid, les consommateurs ont besoin de sens et la demande en produits biologiques est forte. Les enseignes bio et la grande distribution ont des programmes de croissance soutenus. La demande est également forte dans le monde entier, notamment en Scandinavie, en Chine, aux Etats-Unis. Le développement de la conversion du vignoble et l’augmentation raisonnée des volumes mis sur le marché vont nous permettre de répondre à cette demande. Au commerce, nous allons pouvoir mettre en œuvre une démarche de développement commercial pour répondre à la demande des marchés exports.

 

Quelle relation commerciale mettre en œuvre entre la production et le commerce pour accompagner cette croissance ?

Dans l’anxiété actuelle, le bio est une source de stabilité et une vision sur le long terme. Le plus important est d’éviter la spéculation. Elle conduit à une augmentation déraisonnable du prix et ce sur une très faible part des volumes. C’est le cas pour le chardonnay bio qui a atteint des prix déraisonnables. Pour éviter un tel écueil et donner de la lisibilité à tous, il est nécessaire de s’impliquer dans une démarche partenariale. C’est ce que nous mettons en place avec des partenariats sur dix ans avec les producteurs.

 

Quelle stratégie filière pour accompagner le développement ?

En Occitanie, nous sommes exemplaires avec 20 % des surfaces certifiées bio. Depuis cinq ans, le mouvement de conversion est spectaculaire. Et, comme je l’évoquais, il faut monter en puissance à l’international. Nous sommes mobilisés pour cela. SudVinBio gère bien la relation entre les vignerons et les metteurs en marché. Nous avons le plus grand salon de vins bio au monde à Montpellier (ndlr : Millesime bio). Enfin, la région est sensible au développement du bio. Le plan de relance régional accorde une part de financement dédiée à la filière bio.